Avant que la création africaine ne devienne une évidence dans les grandes semaines de la mode, il a fallu des pionniers. Des créateurs qui ont accepté d’être les premiers, sur des calendriers où l’Afrique n’avait longtemps été qu’une source d’inspiration, rarement une signature.
Imane Ayissi — Cameroun / France, haute couture
Né au Cameroun et installé à Paris, Imane Ayissi a été annoncé en novembre 2019 comme membre invité du calendrier officiel de la Fédération de la Haute Couture et de la Mode. Son premier défilé sur ce calendrier, en janvier 2020, en fait le premier créateur d’Afrique subsaharienne à y présenter une collection. Son travail défend des matières et des savoir-faire africains — le kenté, le faso dan fani, le raphia — au cœur du vocabulaire le plus exigeant de la couture.
Thebe Magugu — Afrique du Sud
En septembre 2019, le Sud-Africain Thebe Magugu remporte le LVMH Prize for Young Fashion Designers. Il devient le premier créateur africain à recevoir cette distinction, l’une des plus observées de l’industrie. Sa mode, nourrie d’histoire sud-africaine et de récits personnels, a ouvert une nouvelle lecture du luxe venu du continent.
Laduma Ngxokolo — MAXHOSA AFRICA, Afrique du Sud
Fondateur de MAXHOSA AFRICA, Laduma Ngxokolo a construit une maison autour de la maille et de l’esthétique xhosa. Le 28 septembre 2026, il présente à Paris une collection printemps-été 2027 sur le calendrier officiel de la Fashion Week. Les agences Reuters et AFP décrivent cette présentation comme la première participation d’une marque sud-africaine avec un défilé complet au calendrier officiel parisien.
Lisa Folawiyo — Nigeria
Figure de la mode lagosienne, Lisa Folawiyo a fait des tissus wax et des broderies minutieuses une signature reconnaissable. Présente sur plusieurs saisons de la Lagos Fashion Week, elle est citée par Vogue parmi les créateurs dont l’événement a accompagné la trajectoire internationale.
Kenneth Ize — Nigeria
Kenneth Ize a figuré parmi les huit finalistes du LVMH Prize 2019, aux côtés de Thebe Magugu. Son travail, fondé sur l’aso-oke tissé par des artisans nigérians, a porté un textile traditionnel yoruba jusque sur les podiums internationaux.
« Ces cinq parcours ont un point commun : ils n’ont pas demandé à l’Afrique de disparaître pour entrer dans le luxe. Ils ont fait entrer l’Afrique dans le luxe. »





