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Cinéma & Séries

Marcelo Nlele, le photographe qui murmure à l’oreille des stars

De l'école de photo parisienne EFET aux tapis rouges du Festival de Cannes et des sommets du G20, retour sur le parcours de Marcelo Nlele. Fondateur de l'agence Presscrea, ce photographe hors pair carbure à la foi, au culot et au respect pour capturer l'instantané parfait.

Par Gloria Aubine LABI • 9 octobre 2026 • 6 min de lecture

Lien de l'article : afrollywoodmagazine.com/articles/marcelo-nlele-le-photographe-qui-murmure-a-l-oreille-des-stars

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Couverture Afrollywood Magazine — entretien exclusif avec Marcello
Couverture Afrollywood Magazine — entretien exclusif Marcello.Afrollywood Magazine / PRESSCREAAGENCY

Qu'est-ce qu'un homme sans la foi ?

Qu’est-ce qu’un homme, même débordant de talent, sans la foi ? C’est la question lancinante qui traverse tout le parcours de Marcelo Nlele, sans qu'on ait vraiment besoin de la poser. « Il faut avoir la foi d’abord, et la patience, » affirme-t-il sans détour. « Vous pouvez être le meilleur journaliste, le meilleur footballeur ou la meilleure star au monde, sans la foi, vous n'y arriverez pas. » Un don, dit-il de sa capacité à capter l'attention des plus grandes stars de la planète : « C'est un don que Dieu m'a donné. » Vingt-cinq ans de carrière, et une seule explication revendiquée à tout ce qui a suivi.

Du rêve d’enfant au mur financier

Enfant, ce sont les reporters qu'il voit à la télévision, sillonnant le monde, qui lui donnent envie de devenir technicien dans l'aviation ou photographe de presse. Il s'inscrit à l'EFET, l'école d'audiovisuel et de photographie dans le 12ᵉ arrondissement de Paris, pour quatre ans de formation. Mais l'obstacle est d'abord financier : l'école coûte cher et lorsqu'il demande une bourse, on lui répond sèchement qu'il ne trouvera pas de travail en France. Sa réponse, sans se décourager : « Si je ne trouve pas, j'irai travailler en Angola. » Sans moyens pour financer ses études, il enchaîne les gardes aux caisses de grande surface et les services en fast-food. Comme il ne maîtrise pas encore le français à son arrivée, il suit en parallèle des cours accélérés pour combler ce manque.

« Vous pouvez être le meilleur journaliste, le meilleur footballeur ou la meilleure star au monde, sans la foi, vous n'y arriverez pas. - Marcelo Nlele. »

La rue, la manif et la rencontre décisive

Il rêvait d'être reporter de guerre. Entre 1992 et 1995, à l'époque des manifestations contre le CIP sous le gouvernement Balladur, il se forme sur le terrain du pavé parisien. Puis, dans la grande surface où il travaille encore, une rencontre change tout : Jean Bertolino, qui présentait alors « 52 sur la Une » sur TF1. Les deux hommes sympathisent. Bertolino le présente au chef du service photo de TF1, qui l'oriente vers le directeur de SIPA, à l'époque la quatrième plus grande agence de presse photo au monde. Rien d'immédiat n'en sort sur le moment, mais le contact est établi.

Cannes, la photo qui a tout déclenché

En 1999, l'opportunité arrive enfin : deux ans comme photographe-filmeur au Festival de Cannes. Il gagne peu à peu la confiance des équipes du Majestic Barrière, où il capte quelques clichés de stars. Un jour, il photographie Jack Nicholson. SIPA lui rachète le cliché et le revend à la presse espagnole : c'est son premier cachet. L'agence le rappelle ensuite pour d'autres photos, ce qui déclenche une réflexion : pourquoi travailler pour les autres ? En 2001, il fonde sa propre agence, Presscrea.

« Certains photographes ne dialoguent pas, ils se contentent de shooter. Moi j'aime bien parler pour obtenir l'image-surprise. »

— Marcelo Nlele

Un style à lui : la complicité avec les stars

Sa marque de fabrique, revendiquée comme telle : interpeller les stars à voix haute, « là, là, là !! », pour capter un regard, un instant que personne d'autre n'obtient. Il s'adapte à la langue de la star en face de lui, anglais, espagnol, ou chinois s'il le faut. Il va même jusqu'à leur confier son propre appareil photo : John Travolta s'amuse avec son boîtier, Dustin Hoffman le prend en main en plein photocall, Pedro Almodóvar pose avec l'appareil, Spike Lee délaisse les autres photographes pour poser devant lui, et Will Smith se prête au jeu de sa spontanéité.

Le respect de la presse internationale

Aujourd'hui, lorsque Marcelo arrive devant un photocall, sur le tapis rouge ou lors des sommets diplomatiques au palais de l'Élysée et au G20, ses confrères photographes de la presse internationale lui laissent systématiquement la place pour travailler. Qu'ils soient Américains, Français, Britanniques, Japonais, Allemands, Belges, Polonais, Russes, Chinois ou Turcs, tous s'écartent parce qu'ils savent qu'avec lui, le tapis rouge offre des images insolites dont tout le monde profitera.

Des clichés insolites et des expositions mondiales

Des anecdotes mémorables jalonnent sa carrière : Diego Maradona quittant tous les photographes pour venir se placer devant lui après quelques mots échangés en espagnol, immortalisé à 24 images par seconde au 14-24mm ; Antonio Banderas venant coller son nez sous son objectif ; Édouard Baer faisant des pompes à trois heures du matin après une soirée arrosée au Majestic ; ou encore Barack Obama interpellé directement en pleine conférence de presse au G20 de Cannes en 2011. Sa spécialité déborde largement le cinéma : politique, mode, sport, soirées privées et galas. Il collabore avec les ambassades du Canada, de l'Angola, d'Andorre et d'Afrique du Sud, et accompagne chefs d'État et familles royales. Aujourd'hui, ses photographies sont exposées partout dans le monde, des halls de grandes banques aux aéroports internationaux.

Thèmes de cet article

  • festivals
  • diaspora
  • interview
  • Afrique centrale
  • Afrique australe

En images

Couverture Afrollywood Magazine — entretien exclusif Marcello, version noir et blanc.
Couverture Afrollywood Magazine — entretien exclusif Marcello, version noir et blanc.Afrollywood Magazine / PRESSCREAAGENCY
Festival de Cannes — photographie conservée pour l’entretien avec Marcelo Nlele.
Festival de Cannes — photographie conservée pour l’entretien avec Marcelo Nlele.Marcelo Nlele / PRESSCREAAGENCY
Festival de Cannes — photographie conservée pour l’entretien avec Marcelo Nlele.
Festival de Cannes — photographie conservée pour l’entretien avec Marcelo Nlele.Marcelo Nlele / PRESSCREAAGENCY
Festival de Cannes — photographie conservée pour l’entretien avec Marcelo Nlele.
Festival de Cannes — photographie conservée pour l’entretien avec Marcelo Nlele.Marcelo Nlele / PRESSCREAAGENCY
Festival de Cannes — photographie conservée pour l’entretien avec Marcelo Nlele.
Festival de Cannes — photographie conservée pour l’entretien avec Marcelo Nlele.Marcelo Nlele / PRESSCREAAGENCY
Festival de Cannes — photographie conservée pour l’entretien avec Marcelo Nlele.
Festival de Cannes — photographie conservée pour l’entretien avec Marcelo Nlele.Marcelo Nlele / PRESSCREAAGENCY
Festival de Cannes — photographie conservée pour l’entretien avec Marcelo Nlele.
Festival de Cannes — photographie conservée pour l’entretien avec Marcelo Nlele.Marcelo Nlele / PRESSCREAAGENCY
Festival de Cannes — photographie conservée pour l’entretien avec Marcelo Nlele.
Festival de Cannes — photographie conservée pour l’entretien avec Marcelo Nlele.Marcelo Nlele / PRESSCREAAGENCY
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